L'association est reconnue d'utilité publique, vos dons vous donnent droit à un reçu fiscal !
Suivez les actualités sur cette page dédiée et régulièrement mise à jour

Quelle place pour les personnes en situation de handicap dans le monde du travail ?

Le thème n’est pas nouveau, et le législateur s’efforce d’apporter sa contribution afin d’aboutir, pour les personnes concernées, à une réelle insertion dans la société. Toutefois, le monde de l’entreprise a du mal à faire toute...
17/03/2018

Les entreprises de plus de vingt salariés ont ainsi obligation d’embaucher un quota de 6% de travailleurs handicapés, mais elles ne sont que 27% d’entre elles à l’atteindre. Et il s’agit évidemment en grande partie de grands groupes ou de grandes administrations. Il existe pourtant un fort gisement d’emplois dans les entreprises de moins de cent salariés avec une mobilisation récente plus prononcée de leur part. La mutation de l’économie dans ces 10 prochaines années offre aussi un nouvel horizon aux personnes en situation de handicap. Elles pourront notamment compter sur la révolution numérique et l’émergence de nouveaux métiers qui peuvent s’exercer en télétravail ou sur l’évolution du temps de travail vers plus de postes à temps partiel. 

Malheureusement, pour les métiers classiques sont à la peine. Même si les mentalités ont évoluées, 65% : des PME embaucheraient davantage de personnes handicapés si les démarches administratives étaient plus simples et facilitées. 33% pour les TPE auraient l’intention d’embaucher au moins une personne handicapée s’ils avaient une meilleure information en amont. L’écosystème formé par les organismes, administrations et institutions directement ou indirectement liés à l’embauche d’une personne handicapée représente pour une entreprise recruteuse un « vrai parcours du combattant ».

Voilà ce que répondait un Responsable des Ressources Humaines (RRH) du secteur Banque Assurance à une étude menée par l’APEC : Il y a une volonté, peut-être, pour les pouvoirs publics de mieux structurer ce maquis que moi j’ai découvert. C’est un vrai maquis, c’est-à-dire que pour savoir qui contacter, comment, qui fait quoi, y’a des sigles dans tous les sens auxquels vous ne comprenez d’ailleurs rien... C’est vrai qu’il faut baigner là-dedans de nombreuses années pour prétendre maîtriser l’ensemble des dispositifs et des interlocuteurs.” Un sentiment largement partagé par tous les recruteurs de cette étude et ceux que nous rencontrons quotidiennement."

Autre choix, nouvel horizon ouvert par la loi MACRON du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances : la possibilité de se mettre à son compte comme Handipreneur (travailleur indépendant, auto-entrepreneur…) et de faire bénéficier les entreprises des mêmes réductions sur leur contribution financière AGEFIPH par le biais de contrats de sous-traitance liés à votre activité que les ESATS, les CAT et les entreprises adaptées qui étaient les seules jusqu’à lors offrant ces droits. +6% : c’est la progression de création d’entreprise par des personnes handicapées depuis la loi MACRON en 2015 !

C’est pourquoi nous avons créé les Handipreneurs pour aider et guider les entreprises vers ce nouveau choix et accompagner et financer les porteurs de projet en situation de handicap qui opteraient pour cette possibilité.

Il faut rapidement favoriser cette dynamique en créant un statut adapté aux handipreneurs et l’accentuer par quelques mesures adaptées, pragmatiques et innovantes pour aller plus loin sur ce volet de la loi.

L’Handiprenariat crée une dynamique, il permet de libérer les énergies, de favoriser l’émergence des talents, d’optimiser de nouvelles opportunités de formation, de création d’emploi ou de sous-traitance comme par exemple l’essor des métiers numériques qui représente un formidable gisement d’emploi pour les personnes en situation de handicap. D’ailleurs, je lance un appel aux parrains de la French Tech pour creuser cette piste ensemble.

L’Handiprenariat est un modèle valorisant pour la personne en situation de handicap. Il lui permet de se construire une identité et lui redonne un droit naturel à l’inclusion. Il la replace dans un contexte socio-professionnel. Il l’inscrit de nouveau dans un groupe sociétal, celui du milieu économique. Il la rend de nouveau active et responsable, il satisfait son besoin d’autonomie. Il l’inscrit de nouveau dans l’action. Il donne une nouvelle image du handicap aux décideurs.

Ce modèle offre aussi de la flexibilité pour l’entreprise et pour le travailleur indépendant.

Pour la structure qui a recours à un travailleur indépendant handicapé, c'est une façon d'aborder le handicap sans contrainte autre que celle du bon de commande.

D'une relation professionnelle « ponctuelle » peut déboucher une proposition d'embauche en interne. Changer la loi c'est aussi offrir aux petites structures, la possibilité de répondre partiellement à leur obligation d'emploi en recourant aux services d'un TIH.

Mon rôle, aujourd’hui est de sensibiliser le monde professionnel sur le fait que la différence est une formidable chance pour l’entreprise ET l’humain est sa principale richesse.

On parle beaucoup ces derniers temps d’intelligence artificielle mais l’intelligence individuelle et collective issues de nos différences d’êtres est le capital majeur de l’entreprise dans cette mutation du monde du travail qui a commencé.

Bâtir un nouveau contrat avec le handicap est bien plus que de porter un nouveau regard :

C’est un nouvel état d’esprit : la révolution inclusive !